Kaouther Adimi, auteure en résistance

Blog | 4 mai | Partager

Kaouther Adimi nous raconte l’Algérie, son Histoire et ses luttes, à travers ses romans : les lettres pour armes, tel est l’espoir de la jeunesse étudiante algérienne.

Kaouther Adimi naît en 1986 à Alger où elle vit quatre ans, avant que sa famille ne s’installe à Grenoble. Quand elle retourne en Algérie quatre ans plus tard, le pays est sous l’emprise du terrorisme. Elle fait ses études à la faculté d’Alger et devient titulaire d’une licence de langue et littérature françaises. Elle commence alors à écrire ses propres nouvelles, qui sont distinguées par le prix du jeune écrivain de l’Institut français et le prix du Festival international de la littérature et du livre d’Alger.

Ses histoires sont remarquées par les éditions Barzakh, qui luttent contre l’obscurantisme en faisant entendre la voix des auteurs algériens dans leur pays. C’est ainsi que le premier roman de Kaouther Adimi, L’Envers des autres (intitulé en Algérie Des ballerines de papicha), est publié en 2010. Il obtient le prix littéraire de la Vocation, qui récompense les romanciers en herbe.

Kaouther Adimi quitte à nouveau Alger pour s’installer à Paris, où elle est diplômée en lettres modernes et en management des ressources humaines. Son roman Nos richesses paraît aux éditions du Seuil en 2017. Il nous emmène en Algérie de 1930 à nos jours, sur les traces du grand Edmond Charlot. Dès son plus jeune âge, cet éditeur, libraire et bibliothécaire publie les textes d’Albert Camus, Jules Roy, Max-Pol Fouchet, Albert Cossery et Emmanuel Roblès, alors interdits par la censure. Nos richesses remporte notamment le prix Renaudot des lycéens et le prix du style.


Le dernier roman de l’auteure est publié l’année dernière (2019). Les petits de Décembre conte comment des enfants de l’ouest d’Alger défendent leur terrain vague, aménagé pour jouer au football, contre des généraux résolus à y construire des villas. Cette satire de l’Algérie contemporaine dresse le portrait d’une jeunesse à la conquête de son indépendance et de sa liberté d’expression.

A chaque nouvelle œuvre, la jeune romancière nous permet d’explorer l’Algérie et de découvrir les mouvements populaires qui luttent contre l’injustice, les abus de pouvoir et la corruption. Kaouther Adimi incarne la résistance des lettres dans un monde à l’aune d’une nouvelle ère, où la France et l’Algérie se rencontrent, s’affrontent et, parfois, s’enrichissent.


Marion Gestas

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