Laurianne Melierre : « la food, la musique ou la mode sont des sujets de société comme les autres »

Blog | 11 mai | Partager

En presse écrite, en radio, en télé ou avec son agence PLUME, Laurianne Melierre incarne cette nouvelle génération de journalistes pour qui les « rubriques » n’ont plus lieu d’être. Avec un prisme sociétal, elle décrypte une époque : la sienne. Rencontre.

Quel est votre parcours ?

J’ai une formation de communicante et me dirigeais vers une carrière de conceptrice-rédactrice. Au final, j’ai toujours travaillé dans la presse. J’ai été cheffe de rubrique mode à Glamour, cheffe de rubrique lifestyle à L’Obs, rédactrice en chef mode print et web au Parisien… En parallèle, je multipliais les projets : de la radio avec une chronique sur Radio Nova, un podcast avec Louie Media ou de la télé en tant que chroniqueuse Canal+ dans l’émission « L’info du Vrai ». J’ai toujours eu du mal à me limiter à un seul et même domaine d’expertise ou d’analyse. Et j’ai la sensation qu’en France, on attend beaucoup des journalistes qu’ils ne cochent qu’une seule case.

On vous a déjà reproché d’en faire trop ? De ne pas choisir ?

Quelques fois oui. Mais pour moi, c’est une vision datée du journalisme. Les personnalités qui m’inspirent aujourd’hui savent écrire, tourner, monter, filmer, imaginer la trame éditoriale d’un podcast, écrire un documentaire, se marketer sur les réseaux sociaux. Cette multiplicité des compétences me semble propre à ma génération. Si un outil existe, on a tout de suite envie de s’en emparer. Et de s’amuser avec.

Quels sont les thématiques que vous traitez ?

Si l’on devait parler en termes de rubriques, je dirais que je suis journaliste mode, food, musique et culture. Mais si je parlais avec mes mots, je me contenterais de dire que je suis « journaliste société ». Aujourd’hui, toutes ces thématiques, mises ensemble, brossent le portrait de notre époque. C’est ce qui m’intéresse. C’est pour cela que je fais ce métier.

Être multitâche, c’est une forme de liberté, pour vous ?

Complètement. Aujourd’hui, lorsque j’ai une idée de sujet, je sais comment la développer sur le bon support : à l’écrit, en plateau télé ou en podcast. Je parviens à décortiquer mes sujets pour qu’ils matchent le bon médium, et donc, la bonne audience.

Après les « tendances », quels sont les projets que vous souhaiteriez développer prochainement ?

Avec le confinement, le monde en général et les Français en particulier se sont épanouis autour de la nourriture et de la cuisine, sous toutes ses formes. Manger local et indépendant (avec le génial mouvement #LaVidaLocale sur les réseaux), prendre le temps, se faire plaisir… Ça m’a donné des idées d’une série documentaire axée sur la food. À l’heure actuelle, trois mondes s’opposent. Il y a celui des grands chefs, dans des cuisines impeccables, mais auxquels on ne s’identifie pas. Ou celui du terroir, à la Gérard Depardieu. Drôle, mais pas très frais. Enfin, celui de la street food mondialisée, peu chère, grasse, souvent présentée par des hommes. Au milieu, on n’a pas grand-chose. Donc objectif 2021 : devenir la nouvelle Maïté. Parler de notre héritage culinaire français, mais à la sauce métissée. J’ai autant envie d’analyser le boom du pithiviers (qui revient en force en bistronomie) que le succès du couscous, plat préféré des Français depuis 10 ans. J’ai envie que ce soit précis, que ça dégouline et que ça donne faim. Reste à pitcher, et à produire.

Comment fonctionne PLUME, votre agence de conception-rédaction et de conseil éditorial ?

Pour faire simple, PLUME est une agence qui écrit pour des marques. Elle fonctionne à la façon d’une vraie rédaction « magazine » et se compose uniquement de journalistes spécialisés, d’écrivains et de poètes. Nous imaginons et produisons des contenus rédactionnels forts et anglés, avec une véritable exigence éditoriale héritée de la presse et de l’édition.

Qui sont vos clients ?

Nous travaillons aussi bien pour de grands groupes, comme AXA, Nike, Sarenza ou SMCP (Sandro, Maje, Claudie Pierlot) que pour des indépendants. Parmi eux, des galeries d’art comme la Galerie Perrotin, ou American Vintage. Nos missions sont très variées. Production de newsletters, projets d’édition, refonte de sites web, plateformes éditoriales et culturelles…

Vous mêlez donc journalisme et communication, ce qui brouille encore davantage les pistes…

C’est normal : c’est mon background. Et le constat est simple : les marques ont besoin de raconter des histoires. De s’exprimer. De se dévoiler. Mais n’ont pas toujours l’expertise ou les ressources pour le faire correctement, sur la durée. De l’autre, on a des journalistes qui ont moins de travail, mais toujours autant de talent et d’idées. PLUME rassemble les besoins des uns et la plume des autres, pour produire des contenus inspirants, du simple communiqué de presse à la création d’une ligne éditoriale, d’un territoire de marque ou d’articles spécialisés. La boucle est bouclée.

L’agence PLUME : https://plume-redaction.com/
Son portfolio : https://www.laurianneme.com/
Pour suivre Laurianne Melierre sur Instagram : https://www.instagram.com/laurianneme/?hl=fr

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