Gucci se retire du calendrier officiel

Blog | 29 mai | Partager

L’histoire de la mode a récemment pris un tournant inédit : non seulement les prochaines Fashion Weeks européennes seront entièrement digitales, mais plusieurs marques présenteront désormais seulement deux collections par an, s’échappant ainsi de la traditionnelle saisonnalité des présentations et défilés automne-hiver, printemps-été, prefall et croisière.

En avril dernier, Anthony Vaccarello, directeur artistique de la maison Saint Laurent, était le premier à annoncer son retrait de la semaine de la mode parisienne 2020 pour adopter son propre calendrier.

Peu après, c’est la maison italienne Valentino qui annonce qu’elle ne présentera pas de collection pendant la Fashion Week digitale homme de juin prochain.

Plus récemment, un collectif de plus de 180 professionnels de la mode a choisi, via la signature d’une lettre ouverte, de changer les dates des soldes en renonçant au décalage de six mois pour présenter une collection. L’objectif étant désormais de proposer des vêtements de saison. Un engagement pris par de nombreuses grandes marques dont APC, Dries Van Noten, Tory Burch, ACNE, Marine Serre, Proenza Schouler, Jil Sander ou encore Thom Browne. Une liste qui n’a pas fini de s’allonger.

Le 21 mai dernier, dans leur communiqué, le BFC et le CFDA, les chambres de la mode britannique et américaine, ont encouragé leurs membres à ralentir et changer la cadence des livraisons de manière à ce qu’elle s’approche des saisons auxquelles les consommateurs en ont réellement besoin. Enfin, pour toutes les collections non-principales, ils insistent pour qu’elles soient dévoilées en showroom et non lors de défilés.

C’est maintenant au tour de la maison Gucci de s’affranchir du calendrier officiel pour ne présenter que deux collections par an.

En effet, son directeur créatif Alessandro Michele a annoncé que ses futures collections adopteraient un rythme de production ralenti et déterminé par ses propres délais aléatoires : « Je réalise pleinement que cette capacité [de la mode] à raconter ne peut pas être contrainte par la tyrannie de la vitesse. (…) C’est pourquoi j’ai décidé de construire une nouvelle trajectoire, loin des échéances que l’industrie a consolidées et, avant tout, loin d’une rentabilité excessive qui n’a aujourd’hui plus aucune raison d’être » écrit-il.

Il semble donc qu’une grande vague d’acteurs de la mode prend progressivement la décision de se recentrer sur la créativité, la manière de consommer et le monde qui les entoure. En abandonnant le rythme effréné imposé par le calendrier officiel de la fashion week, ils dénoncent ainsi ce besoin incessant de rapidité dans le milieu de la mode qui « nuit à la créativité ».

Cependant, un front uni paraît difficile à instaurer au sein de cette industrie globalisée… Pour l’instant, ni LVMH, ni la Fédération de la Haute Couture et de la mode ainsi que la Camera Nazionale della Moda Italiana ne se sont encore prononcées quant à ces appels à changer le calendrier global.

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