Clément Poplineau peint la lutte des classes

Blog | 27 août | Partager

« On n’y pense jamais mais c’est quoi, le rapport à l’art pour un jeune sans-papier de 25 ans ? », voici le genre de questionnement qui traverse les œuvres de Clément Poplineau. Ce jeune artiste lyonnais souhaite briser certains codes propres à la culture qu’il estime trop hermétique aux non-initiés. De quoi s’emparer de la peinture classique pour l’appliquer à une culture contemporaine. Drogues, voitures des forces de l’ordre, Nike Air Max… Clément les conjuguent façon peinture classique, dans un esprit de lutte contre les préjugés. « J’ai peint Amine et j’ai brodé le fond derrière lui avec les couleurs et les motifs de sa région natale. C’est ça, sa relation à l’art maintenant ; l’art a pris une place chez Amine de par la représentation que j’ai faite de lui. C’est une façon qu’il a d’exister différemment qu’avec l’étiquette du clandestin et du galérien. Et c’est cette force de la peinture que je veux entretenir », explique l’artiste. Et nous ? (Extrait tiré d’un article paru dans l’ADN)

« RICKZER », 100X70, HUILE SUR TOILE – 2018 (PHOTO : TIES BEMELMANS).

« Mon objectif c’est de ne faire aucune distinction sociale. À l’époque, les riches et les nobles se faisaient peindre. On n’a jamais vu de prolos se faire peindre. Aujourd’hui, nous les prolos, on est majoritaires et on n’a toujours pas notre place. On n’est toujours pas dans l’art. Dans la musique oui, le rap c’est ce qui se vend le plus. C’est bien, mais trop sectaire, comme si on ne pouvait faire que du rap ou devenir footballeur alors qu’en réalité, on est capables de tout, y compris de niquer ce clivage social et montrer à des gens qui jugent durement que, parfois, on bosse mieux parce qu’on veut y arriver et ça sans être aidés. »

« DAWA », 30X24, HUILE SUR TOILE – 2018 (PHOTO : SEPPE ELEWAUT).

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