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Six ans après la publication du dernier Panorama des ICC réalisé par EY, we are_ relance, au travers de l’association we are Creative, une nouvelle édition avec des chiffres 2025 actualisés.

20 Juin 2025
Six ans après la publication du dernier Panorama des ICC réalisé par EY, we are_ relance, au travers de l’association we are Creative, une nouvelle édition avec des chiffres 2025 actualisés.

Le premier volet consacré à la filière musicale a été dévoilé lundi 16 juin 2025 par la ministre de la Culture, Rachida Dati, à l’occasion de la Music Week qui se tiendra jusqu’au 21 juin à Paris et dans toute la France.

L’association we are Creative publie, à l’occasion de la France Music Week, et dans le cadre de l’édition actualisée du Panorama des Industries Culturelles et Créatives réalisé par EY, une photographie de l’industrie musicale française qui met en lumière ses forces, ses atouts et ses défis.

Cette association regroupe, pour la filière musique, la Sacem, Ekhoscènes, l’ADAMI, l’UPFI et le SNEP, avec le soutien du ministère de la Culture.

Une filière majeure de l’économie française

Entre 2019 et 2024, la valeur ajoutée directe des ICC a progressé de 21 %, une croissance deux fois plus rapide que celle de secteurs majeurs tels que l’aéronautique ou l’automobile. Ce niveau de performance intervient après un choc sans précédent lié au Covid-19, particulièrement pour les secteurs expérientiels : la filière avait vu son activité chuter de 17 % entre 2019 et 2020, avant de bénéficier, dans la plupart des segments, d’un fort effet de rattrapage à partir de 2022 (+13 % sur la période 2022-2024).

En 2024, les ICC ont généré 43,1 milliards d’euros de valeur ajoutée, soit 2,9 % du PIB, et 102,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Par ailleurs, chaque euro de valeur ajoutée directe crée par ailleurs 1,13 € de valeur ajoutée indirecte et induite dans le reste de l’économie (tourisme, commerce, restauration etc.). 

Au total, les ICC représentent 586 000 emplois directs, soit plus que l’automobile, l’aéronautique et la pharmacie réunies,et plus de 1,1 million d’emplois directs, indirects et induits, un volume en hausse de 13 % depuis 2019 grâce à la progression des équivalents temps plein. Cette progression globale s’accompagne toutefois des dynamiques contrastées entre secteurs : reflétant la fragilité de leurs modèles économiques face aux mutations numériques, confrontés à des difficultés structurelles et de financement.

Des dynamiques contrastées sur la scène territoriale et internationale   

Les ICC occupent une place importante dans les territoires, bien que leur implantation demeure plus centralisée que dans le reste de l’économie : 48% des emplois sont concentrés en Île-de-France. L’étude souligne toutefois une dynamique de régionalisation progressive, marquée par la montée en puissance de certains territoires, portée notamment par l’essor des festivals à travers le pays.

Sur la scène internationale, les ICC françaises affichent un taux moyen d’exportation de 17 %, une performance qui ne reflète pas pleinement leur potentiel en matière de soft power français en raison de fortes disparités selon les secteurs. Le jeu vidéo, l’animation ou la musique enregistrée, présentent une orientation export marquée, tandis que d’autres restent majoritairement tournés vers le marché national. Pour ces secteurs, l’export apparaît comme un puissant levier de croissance.

Enfin, l’étude rappelle que l’impact des ICC dépasse largement la seule dimension économique : la visibilité mondiale de certaines productions françaises en est une illustration à l’image de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024.

Des défis de transformation à relever en commun  

L’étude souligne la capacité des ICC à se transformer dans un contexte marqué par la montée en puissance du numérique, la transition écologique, l’essor de l’IA générative et la recomposition accélérée des modèles économiques. Ces mutations s’accompagnent de défis structurants qui conditionnent la trajectoire future de la filière. 

Les enjeux identifiés portent d’abord sur le financement, fragilisé par la baisse des subventions locales, des conditions d’emprunt plus strictes. La digitalisation continue, quant à elle, reconfigure profondément la diffusion des contenus et les sources de revenus, accentuant les opportunités mais aussi les vulnérabilités de secteurs dont les modèles restent exposés. L’IA générative constitue également un tournant majeur : si elle offre de nouveaux leviers de création et de productivité, elle soulève également des questions déterminantes de propriété intellectuelle, de rémunération et de qualité des œuvres. Enfin, la concurrence internationale s’intensifie, poussant les filières à renforcer leurs capacités d’exportation et leur attractivité dans un paysage mondial où les stratégies d’influence culturelles gagnent en structuration. 

Au-delà du diagnostic, l’étude appelle à une action collective pour faire des ICC un pilier stratégique de compétitivité et d’innovation. Elle souligne l’urgence de reconnaître la création comme un investissement d’avenir, moteur durable de croissance, de cohésion et de rayonnement international. 

Cette nouvelle édition a également été rendue possible grâce à la mobilisation et à l’engagement des organisations professionnelles de référence qui ont contribué à enrichir et structurer ce travail collectif au service des ICC : ADAMI, Ekhoscènes, SNEP, Unifrance, SNJV, UPFI, ADAGP, SACEM, FRANCE CRÉATIVE, SNE; avec le soutien du ministère de la Culture et Bpifrance.

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